Mes séries personnelles constituent le socle de mon travail photographique. Elles s’inscrivent dans une recherche au long cours, où chaque projet devient un espace d’exploration, à la fois intime et documentaire.
À travers ces ensembles, je développe une écriture visuelle centrée sur la relation entre l’homme et son environnement, en m’intéressant aux traces laissées par son passage et à la manière dont elles façonnent notre perception du paysage.
Chaque série se construit dans le temps, au fil de déambulations et d’observations répétées. Ce processus lent me permet d’approfondir une perception sensible des territoires, qu’ils soient urbains, ruraux ou littoraux.
Ces explorations donnent naissance à des images où le réel se mêle à une forme de projection intérieure, nourrie par la mémoire, l’expérience et l’imaginaire.
Si mes séries prennent appui sur des lieux bien réels, elles ne relèvent pas d’une approche strictement documentaire. Je cherche plutôt à créer des images situées à la frontière entre observation et interprétation, où la subjectivité du regard occupe une place centrale.
Chaque photographie devient ainsi une tentative de restitution sensible, où l’atmosphère, la lumière et la composition participent à une forme de narration silencieuse.
Le paysage occupe une place centrale dans mon travail, souvent envisagé comme un portrait en creux. Même en l’absence de figure humaine, il porte les marques d’une activité, d’une histoire, d’une transformation.
Je m’attache à révéler ces indices, en travaillant sur des espaces où le temps semble suspendu, entre mémoire du passé et perception contemporaine.
Ce travail s’inscrit dans une réflexion plus large sur la représentation du territoire, en écho aux grandes missions photographiques consacrées au paysage français.
À travers ces séries, je poursuis une recherche personnelle sur la manière dont l’homme habite le monde, et sur les formes visibles ou invisibles que cette présence imprime dans les lieux.